Ma tête est comme une compression de César. On dirait que les idées sont totalement emboîtées les unes dans les autres, qu’elles sont déformées et constituent comme une sorte de cube de matière. En plus, je n’arrive plus à les développer. Cette compression me fait perdre le fil. Il est toujours plus présent. Je tente de ne pas lui parler, de ne pas lui répondre. Ce ne sont pas des dialogues que nous avons, il tient un discours de plus en plus présent ces temps, et j’essaye de me boucher les oreilles pour ne pas l’entendre. Il me coupe la parole en somme Je ne crois pas d’ailleurs qu’il entende ou plutôt qu’il veuille entendre. C’est un peu comme un de ces personnages pas sympathiques qui coupent tout le temps la parole aux autres et qui n’écoutent jamais ce qu’on leur dit. Sauf que moi je ne lui dis rien. Je n’en pense pas moins, mais je ne lui dis rien. En fait, je ne sais pas si je n’ose pas répondre ou si simplement je ne veux pas répondre. Je crois plutôt que je ne veux pas dialoguer avec lui. C’est un temps gris et froid, j’ai le dos complètement coincé, les fêtes approchent à grands pas et je déteste cette période. La folie du clinquant, l’obligation quasi statutaire de faire la fête me dégoûte. Cette habitude soi-disant sociale est bête. Ça change quoi que l’on change bientôt d’année ? comme si le temps était découpé en tranches bonnes et mauvaises. C’est tout faux, le temps n’est pas découpable. Et le coupable lui est le côté mouton bêlant de l’homo sapiens moyen, qui refuse de faire autrement que les autres. Je ne vois franchement pas de sujets qui méritent qu’on fasse une fête. En tous cas pas me concernant directement.


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