La pilule bleue

décembre 3rd, 2005 | Billets, Schizophrénie

Que dire de l’angoisse en général ? elle est une sorte de gaz paralysant qui annihile la meilleures des intentions, la meilleure des volontés. Elle empêche de vivre au quotidien, car elle survient précisément à l’endroit où on ne l’attend pas, au moment où on ne l’attend pas et ce faisant augmente l’angoisse que l’on a d’avoir une crise d’angoisse. Cercle terriblement vicieux que celui-ci contre lequel je n’ai pas trouvé la solution, et contre lequel il n’y a probablement pas de solution miracle, sinon cela se saurait. La pilule bleue ? peut-être, mais là encore, l’angoisse existe de ne pas trouver la pilule bleue … la pilule rose ? possible, mais va-t-elle faire l’effet escompté ? la fuite sur une île déserte ? bien, mais alors, qui me soignera ?

A force de regarder le monde, le taux d’angoisse augmente sans cesse aussi. Cette civilisation quelque peu décadente ne laisse pas prédire un abîme de positif, au contraire, la peur de l’autre s’accroît, la méfiance s’accroît, la mal-être s’accroît, l’impression de désintégration augmente, l’angoisse la suit de près sur ce parcours centrifuge infernal. Le monde est une centrifugeuse produisant de l’angoisse en « huile essentielle », une sorte de moulin à terreur.

Alors quand on est déjà sujet à des angoisses, prédisposé si l’on peut dire, le simple fait de mettre le pied dans le monde est un catalyseur violent et terriblement efficace. Le résultat est le retrait social, le retrait par peur, de l’autre d’une part et par peur de la peur elle-même d’autre part.


Tags: , , , , , ,

Leave a Reply