Je vis la peur au ventre. Pour couronner le tout, on risque de m’expulser de chez moi, et ceci me hante depuis que j’ai reçu un papier de l’avocat. Il y a une convocation le 6 mars, puis c’est le trou. La machine humaine est infernale, non seulement elle m’agresse en permanence de l’intérieur mais elle en rajoute de l’extérieur, et pas n’importe comment. Je ne sais pas où je vais aller habiter, je n’ai pas les moyens de payer plus, et c’est ce moment que choisit l’AI pour tout remettre en question. Comment peut-on se calmer dans de telles conditions ?
J’ai regardé le site internet que m’avait indiqué le docteur. En fait, je trouve que la description qui y est faite de la maladie ou du moins des aspects généraux de celle-ci un peu simpliste. Ce que je ressens dépasse de loin ce qui y est indiqué. La présence de l’autre est comme une sorte de possession, autant dans le sens de posséder quelqu’un que dans celui d’une présence permanente sinon démoniaque du moins du moins maléfique. Il ne me dit jamais rien de positif, et il m’empêche constamment de faire le point avec moi-même.
Il me vole mon propre jugement pour se l’approprier : ça c’est de la possession, ou plutôt de la dépossession de jugement. Si je veux faire le point, il m’en empêche. Si je veux du calme, il fait un bruit de tonnerre, si je veux de la musique il la perturbe. Lui aussi qui n’est pas humain m’empêche de vivre. Je passe le plus clair de mon temps à ruminer, et à avoir froid, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Comment peut-on imaginer poursuivre un parcours de vie dans de telles conditions ? je me le demande souvent. Comment trouve-t-on encore du courage dans de telles conditions ? heureusement que je peux converser avec le docteur régulièrement, car il est sans doute le seul dans mon entourage à pouvoir comprendre ce que je ressens. Et ce que je ressens par-dessus tout est une inadaptation totale à vivre en société, et un grand vide, une grande solitude. Il faut dire aussi que je n’ose pas tellement parler de ce que je ressens avec des proches, c’est tellement hors de toutes normes sociales que ça en devient en soi infamant.
Je me décide à ajouter un commentaire. J’ai lu ce texte, très touchant, en entier et je vous remercie de vous exprimer aussi librement. Mon frère vit avec cette maladie… Je ne sais plus comment réagir quand il s’isole et communique seul. Le médecin dit qu’il va bien mais je n’en suis pas persuadée ! J’ai du mal à admettre que malgré sa piqûre mensuelle il puisse vivre encore avec des hallucinations ou des délires ou je ne sais quoi… je sens en lui cette souffrance qu’il ne peut extérioriser…il me dit qu’il ne peut pas m’expliquer ce qu’il vit car tout le monde le prendrait pour un fou ! Alors que faire pour l’aider ? Avez vous la solution vous qui parlez si bien de tout ça ? Merci de me répondre.
Votre commentaire et votre message sont très sympas. Je n’ai malheureusement aucune solution miracle, sinon celle qui consiste à oser parler de ça autour de soi, mais c’est très difficile…ça m’aide quand même, parler et l’écoute de l’autre.
Voilà, navré,
Meilleurs messages
Sam
Merci pour cette réponse ! Je suis consciente qu’il n’y ai pas de solution miracle. J’ai consulté plusieurs sites concernant ce sujet, mais je n’ai pas de réponse à la question que je me pose. Est-ce normal que mon frère s’isole pendant un repas, et pendant cette solitude je le vois parler avec quelqu’un. Qui ? Il n’y a personne ! Il ne me voie pas et je n’ose pas le déranger. Puis subitement, il se lève et décide de partir sans dire au revoir , s’il n’avait pas été rappelé à l’ordre.
Parler n’est pas un problème pour moi, mon souci c’est de faire parler mon frère ! En parler au médecin, c’est facile, mais lorsque celui-ci est en congés vers qui se tourner ?
Il a une piqûre/mois !… Est-ce normal qu’il ait des comportements de ce genre ou nous prépare-t-il une rechute ?
Vous seriez aimable de me donner votre avis.
Merci pour votre message. Je ne suis pas médecin mais malade, un malade qui se documente et qui a tenté de comprendre un peu le fonctionnement de cette maladie dont il est affecté. Ce que vous racontez au sujet de votre frère m’apparaît malheureusement pour vous comme des manifestations normales de la maladie. Il y a des hauts et des bas, mais je ne crois pas que les indications que vous donnez soient synonymes de rechute prochaine. Quant à son traitement, c’est au médecin de dire, moi je ne suis pas sous piqûre mais sous doses quotidiennes de neuroleptiques, ce qui au bout du compte revient au même. Les adresses: regardez dans mes liens, il y a des associations de famille qui parlent de cette maaldie et de ses conséquences pour la famille, en particulier schizo oui et schizo anonymes.
Bien à vous
salut,
je me permets de poster un petit commentaire, car en fait je me retrouve un peu dans ton blog.Moi aussi je dois prendre des neuroleptiques tous les jours,sinon j’entends des voix.CA me fait du bien de lire un discours que je peux comprendre,franchement (je sais que je m’exprime un peu confusement) je connais certaines des sensations quee tu decris.Moi je ne suis plus specialement angoissé, j’ai eu des crises d’angoisses assez fortes a une epoque, mais je sais que je suis en leger decalage avec ce que je pourrais appeler ‘une vie normale si tout se passait bien’.Je connais des sensations qui me font penser que je peux etre doué pour qqchose,et des pensées negatives qui me font me sentir mal aussi et que je n’arrive pas a vaincre.JE comprends cette idée d’une force primitive qui comme tu le dis dans un autre texte semble nous ‘lacher les baskets’ quand on arrive a etre performant intellectuellement.C’est ce que j’essaye de faire tout comme toi en ecrivant, en essayant d’avoir des correspondances avec d’autres personnes.Mais c’est dur de se dire qu’on a qqchose en soi qui peut tout gacher.Moi je ressens ca chez moi, qqchose de beau et qqchose de laid, de bas , de petit.Qqchose qui nous empeche de vraiment realiser ce qu’on voudrait faire.Une forme de faiblesse peut etre.JE crois qu’il est important quand on a ces symptomes de trouver ’son truc’.UNe forme d’expression qui permet de voir nos pensées,, c’est assez liberateur.EN tout cas chapeau pour ton site il est super bien fait, et bonne continuation, moi je repasserai voir regulierement.
Salut.
Merci Tournesolaire.
Gentil ton commentaire.
Libérateur je ne sais pas, mais formuler quelque chose a toujours du bon.
Sam