C’est bien plus beau lorsque c’est inutile. Voilà encore un de ces principes communément admis depuis de très nombreuses années et qui ne veut rien, mais vraiment rien dire pour moi. En quoi une souffrance est-elle utile ? En quoi cette utilité la rendrait-elle absurde ? En quoi l’inutilité d’une souffrance la rendrait-elle belle ? Vraiment les pondeurs de maximes devraient réfléchir avant d’écrire et ceux qui les utilisent au quotidien sans vraiment en saisir le sens seraient bien inspirés de penser avant de parler.
La souffrance du malade psychique (et physique aussi, bien sûr) est vécue comme une injustice flagrante, une erreur du Grand Tout, de la Nature, qui choisit ses victimes au gré de ses humeurs. Qui peut aujourd’hui raisonnablement prétendre que la souffrance a un but ? Ceux évidemment qui tiennent la rédemption comme le seul but de l’existence, enracinés et aveuglés qu’ils sont dans et par une religion qui leur lie pieds, poings et tout esprit critique. Mais au sens littéral rédemption veut dire racheter, racheter quoi donc, quelque chose que l’on doit « payer », le droit de vivre dans une certaine paix quotidienne ? Quelle belle imposture pour un malade psychique, et à quoi bon vivre dans une telle situation ?

Le mal être est un fardeau permanent dont la lourdeur échappe souvent au commun des mortels. Il n’a qu’à se ressaisir, qu’à faire un effort, qu’à prendre sur lui, qu’à combattre, voilà un peu ce que l’on entend dans les conversations de salles de cafés. Mais ceux qui tiennent ce genre de discours sont incapables de vous dire pourquoi et surtout avec quels moyens le malade peut se ressaisir, et se ressaisir de quoi ? Qui a raison ? Qui a donc la science infuse pour prétendre que le déroulement de la vie d’un être doit forcément ressembler à celle de son voisin ?

La souffrance serait donc inutile. En est-elle pour autant belle ? Je suis très loin de penser cela. Et cette question pose la suivante : à quoi sert le malade, quelle est sa fonction sociale ? que fait-il ici, quelle est sa valeur, quel crédit doit-on lui accorder à ce malade. Bien peu nombreuses sont les personnes aptes à comprendre la souffrance et à en mesurer les effets. Mais de toute façon, il n’existe pas de thermomètre à souffrance, pas de mesure objectivable. Il y a bien des méthodes comparatives, mais elles restent comparatives et se bornent à dire que tel ou tel souffre plus ou moins qu’un autre, mais en valeur absolue, personne ne peut mesurer la distance entre un état de souffrance et un état de bonheur.

Dans cette mesure, la souffrance n’a aucune justification, ni philosophique ni sociale. Elle n’est qu’une chose de la vie avec laquelle il faut faire mais qui n’a aucun aspect positif, même pas celui de faire apprécier les moments où cela va mieux.

Souffrance, sens et croyance : L\'effet thérapeutique


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2 Responses to “Le sens de la souffrance”

  1. je voudrais dire merci pour ses textes…… ils me parlent et cela fait du bien -…..
    bravo coco

  2. bravo chapo lool….kiss

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