Le monde judiciaire pénal est psychiatrisé. Les médecins commis au titre d’experts sont devenus les instruments de la machine judiciaire pénale, qu’ils le veuillent ou non, toutes les législations des pays dits modernes faisant reposer l’appréciation de la responsabilité pénale d’un individu sur la seule science des experts au détriment d’une appréciation personnelle des juges, trop paresseux et trop incapables de le faire eux-mêmes.

Pourquoi en est-on arrivé là en trois mots ? Et que pourrait bien dire un expert psychiatre à un juge pour lui refiler la patate chaude à chaque coup ?

Le monde des juges est pour l’essentiel composé de personnages qui portent en eux une frustration permanente, celle de n’avoir réussi qu’à embrasser une carrière de fonctionnaire simplement répertoriée autrement en français. Ils sont généralement issus des derniers de classe, aiment à parader et pour l’essentiel sont d’une extrême paresse doublée d’une vanité très hors de propos. En bref, leur entendement dépasse fort peu souvent le minimum vital. Bien sûr la généralisation est un peu hâtive, mais lorsqu’on se prend à étudier ces bizarres insectes que sont les juges, il en ressort manifestement les traits communs d’une race qui ne s’arrête pas aux frontières des pays et qui comporte toujours les mêmes éléments d’ADN (Admirable Détermination à Ne rien faire) qui hantent leurs esprits et qui façonnent leurs actes. C’est quand même le seul métier où l’on n’a aucune responsabilité envers quiconque et où le concept d’intime conviction permet de faire passer n’importe quelle impression pour de la stricte classification juridique savante.

Le premier conseil à donner à un expert psychiatre est de toujours garder à l’esprit qu’il a en face de lui un sujet qui devrait normalement être son patient, s’il avait seulement cette once de recul lui ordonnant de se regarder dans un miroir de façon régulière. Le deuxième conseil réside en trois mots : ne pas leur parler de façon plus ou moins occulte, ils ne comprennent déjà pas les notions de base et sont très paresseux. Le troisième conseil est de mettre en question les questions mêmes qui leur sont posées et de ne pas répondre directement aux dites questions. Les questions de base sont essentiellement les deux suivantes :

- existe-t-il une irresponsabilité totale au moment des actes ?
- sinon, la responsabilité est-elle diminuée par une altération du champ de conscience ou par l’incapacité partielle pour le fautif de se déterminer pleinement face à une capacité pleine qu’il aurait de juger le caractère illicite d’un acte ?

Tout d’abord, l’expert est rarement sur les lieux d’un crime au moment où il est commis. Il lui est donc impossible d’objectivement déterminer ce qui s’est passé au moment des actes dans l’esprit du fautif. Avec quel microscope d’ailleurs ? L’expert en est donc réduit à des conjectures sur lesquelles il ne devrait pas entrer. A sa place je noterais donc : « réponse impossible à donner scientifiquement » à une telle question.

Parallèlement, s’agissant d’individus atteints de schizophrénie par exemple, je ne donnerais qu’une série d’exemples au juge, à charge pour lui d’en tirer honnêtement les conclusions : cet individu malade voit le monde en rouge et bleu uniquement, entend en permanence son chien lui donner des conseils, est certain que l’empereur des extraterrestres le conduit quotidiennement vers la rédemption, est sûr qu’on lui a greffé un cerveau électronique à la place de la moelle épinière, voit les rues trois fois plus larges que la normale, a une notion du temps complètement perturbée, voit en noir et blanc un film en technicolor, etc. dans de telles conditions, comment cet individu peut-il « voir » ses propres actes ? les filtres qui obstruent et polluent sa pensée le placent en permanence hors de la réalité, il ne peut donc pas être appréhendé normalement car si l’on ne comprend pas ce qu’il pense, lui ne comprend pas non plus pourquoi il pense comme ça. Le malade est malade de sa maladie qu’il considère souvent comme fautive en tant que telle, ou alors n’a aucune idée du fait qu’il est différent de l’autre. Ceci entraine forcément la conclusion pour un juge normal que le fautif ne saurait être coupable, dans la mesure où pour être reconnu coupable, il faut avoir au moins un début d’une idée plus ou moins commune de la réalité du monde et des exigences qui y règnent selon les lois humaines.

Mais alors quid de la responsabilité diminuée Docteur ? Ce concept est lui aussi un leurre. La responsabilité diminuée du délinquant est celle de chacun, simplement soumis aux lois de la vie. Le juge lui-même, s’il n’est pas malade mentalement, a une responsabilité diminuée c’est-à-dire qu’il est soumis comme tout le monde à telle tentation, telle envie, tel fantasme, telle irritation extérieure, telle séquelle de jeunesse, etc. finalement le juge n’est-il pas devenu juge pour répondre à une enfance malheureuse qui l’a marqué ? Ce concept de la responsabilité restreinte est dangereux car non appréhendable scientifiquement. C’est un fourre-tout dans lequel l’expert devrait à mon sens refuser d’entrer. La réponse à apporter à la deuxième question est donc : la responsabilité partielle n’existe pas.

En conclusion, et tout en reconnaissant que ce papier n’est qu’un tout petit résumé des idées de son auteur, on ne devrait poser qu’une seule question à un expert psychiatre : l’accusé est-il malade mentalement ou pas, sa conscience est-elle altérée ou non, voit-il la réalité ou pas ? si la réponse à cette question est oui, il y a maladie altérant la vision de la réalité, alors la conclusion est la non culpabilité pure et simple. Le seul élément objectivable pour le médecin est l’existence ou non de la maladie. Il ne devrait pas en être autrement pour un juge, qui par définition n’est pas médecin, mais qui a requis le médecin de donner son avis. Tout est ensuite question de responsabilité, mais face à une maladie mentale invalidante, nul n’a le droit de prétendre qu’elle n’invalide que partiellement, car jusqu’à preuve du contraire, les juges sont tout sauf des voyantes extralucides. Ils ne devraient donc pas avoir le droit de juger un malade mental reconnu comme tel par la science, car ce qu’ils font aujourd’hui en condamnant à tour de bras des malades ressemble à des épisodes peu glorieux de l’histoire où l’on a déplacé dans des camps de nombreuses personnes à raison de leur race ou de leur religion. A la société et au législateur de trouver ensuite des solutions de réparation civiles, mais de grâce que l’on cesse de remplir des prisons avec des malades, ce n’est pas leur place et ça les rend encore plus malades. Leur place est simplement ailleurs, quelque part dans cette société des droits de l’homme qui voudrait se montrer exemplaire en matière d’intégration.


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4 Responses to “Petit vade-mecum à l’usage des psychiatres”

  1. Bonjour Sam,
    je suis d’accord avec toi,
    on devrait identifier les personnes qui souffrent de maladies chroniques et prendre en compte leur handicap
    car le fait de souffrir de maladie psychiatrique chronique signifie une altération non seulement des perceptions mais également de la mémoire et des habitudes, ce qui peut expliquer que les patients psy ne sachent plus du tout se reconnaitre dans le monde extérieur et ne parviennent pas à dénouer les conflits
    le passage à l’acte violent d’une personne souffrant d’un handicap psychique ne devrait pas être pris en compte de la même manière que celui d’une personne qui s’est seulement laissé submerger par la colère ou tout autre sentiment destructeur

  2. salut Collegue ;)

    Merci pour cet article sur mon nouveau blog tout frais.
    Je vais essayer de l’enrichir au fur et mesure que je tombe sur des articles de presse interessants , mais aussi peut etre je fairai quelques textes plus personnel, mais je craint de ne pas avoir ton talent .

    Bonne continuation @ toi
    @++

  3. Hello Sam,
    c’est vrai que c’est dur d’être exclu de la société
    la participation à des forums ou la création de blogs est déjà une première manière d’être utile aux autres, et l’engagement au sein d’une association de malades est parfois aussi une bonne solution pour participer au jeu social quand on ne peut pas travailler…
    Cép

  4. j’ai voulu te laisser un commentaire sur l’article “le quotidien” mais il est allé ce ficher sous l’article “vade mecum”…
    Cép

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